

Tournage
du 5 octobre au 20 décembre
Nous sommes arrivés à Komako en pleine saison des pluies, par la route boueuse et rocheuse. Nous avons été accueillis par le prêtre, Père Kuefe Demano Rostand, qui nous a installés dans une petite dépendance du presbytère. Nous étions situés dans le quartier paroissial, juste à côté de l'église, de l'école et du chemin qui descend vers une partie des champs agricoles.
Nous avons rapidement pu accéder à une salle de classe de l'école inutilisée pour installer un atelier de dessin où nous pouvions accueillir des habitants pour des séances de portrait filmées.
Nous avons passé plusieurs journées au champs, l'agriculture étant l'activité principale des komakois et komakoises. Les hommes sont plutôt destinés aux cultures en hauteur qu'on peut vendre (cacao, café, banane, palme, poivre, etc) tandis que les femmes travaillent les produits de la terre pour la consommation familiale (tubercules, manioc, haricots, piment, etc).
Mais environ toutes les 6 semaines, c'est le décabossage du cacao : il faut une grosse main d’œuvre pour évacuer rapidement les cabosses préalablement récoltées dans le champ de cacaoyers, afin qu'elles ne soient pas d'abord mangées par les animaux de la brousse.
Ici les hommes entrouvrent la cabosse avec quelques coups de machette et les femmes la récupèrent pour l'ouvrir totalement et récupérer les fèves qui sont à l'intérieur.

Visites des cases patrimoniales avec la Route des Chefferies
La Route des Chefferies est une association engagée depuis plus de 20 ans dans la sauvegarde, la valorisation et la transmission du patrimoine culturel et naturel du Cameroun. Elle accompagne les chefferies traditionnelles dans la création de cases patrimoniales et de musées communautaires, transformant la culture en un véritable levier de développement économique et touristique pour les populations locales.
Nous nous sommes rendus à Bafoussam, la capitale de l'ouest, pour rencontrer l'équipe de la Route des Chefferies, ONG partenaire du film. Nous avons présenté notre projet à l'ensemble de l'équipe puis avons suivi Ulrich Dimitri KENMEGNE KOM, médiateur culturel à la RDC, pour deux jours de visites guidées à travers les différents espaces muséographiques, appelés cases patrimoniales, sur lesquels l'association a travaillé.

Fondation Jean-Félicien Gacha
Mont Butanga - Bangoulap
Étroitement liée à la Maison Gacha à Paris, qui assure le rayonnement culturel et la diffusion de ses savoir-faire en Europe, la Fondation Jean-Félicien Gacha est une organisation à vocation humanitaire et culturelle implantée sur les collines de Bangoulap, au Cameroun.
Véritable écosystème de transmission, elle déploie ses missions à travers des ateliers d’artisanat d'excellence (perlage, couture, bois, soudure), une villa dédiée aux résidences d'artistes, ainsi que des structures éducatives incluant des écoles primaires et un centre de formation aux métiers de l'hôtellerie.
Le Mont Boutanga à Bangoulap a été notre premier arrêt dans l'ouest du Cameroun. Nous avons pu rencontrer l'équipe de la Fondation Jean-Félicien Gacha, ONG partenaire du film. Nous avons commencé par une journée de visites accompagnés de Fidèle Tagatsing Tankou et William Kuihane, tous deux écrivains et animateurs culturels à la Fondation. Ainsi nous avons visité les deux cases patrimoniales du mont, le musée ainsi que les ateliers artisanaux.
Les 2 jours suivants nous avons réalisé 4 séances de portrait filmées avec des artisans et artistes de la Fondation. Nous avons réalisé au total 7 portraits qui seront exposés à la Maison Gacha à Paris et une vidéo qui retrace ces rencontres à retrouver prochainement. C'était pour nous l'occasion de mettre en pratique le dialogue entre la caméra et le dessin pour capter l'énergie du modèle et de ce moment si particulier. La séance de portrait avec Guillaume Yanga, lui-même peintre, nous a beaucoup marqué. En effet il a inversé la séance en nous dessinant sur le mur de son atelier.
Le Mont Butanga était aussi notre premier contact avec la brume caractéristique des montagnes de l'ouest, elle nous a tout de suite fasciné et beaucoup inspiré.

Résidence
du 1er au 10 septembre 2025 à Saint-Brieuc, Bretagne, France.
Quelques semaines avant le début du tournage et notre départ pour le Cameroun le 24 septembre, Nous avons travaillé sur l'écriture du film (scénario, séquencier, plan de travail) et expérimenté plusieurs techniques de représentation de notre travail de recherche sur la culture bamiléké et comment les traditions, artefacts et rituels permettent de faire société dans les chefferies de l'ouest Cameroun.
Découvrez ci-dessous quelques photos de cette résidence et de l'exposition qui a été organisée à son issue

Visite de la Maison Gacha
Le 27 août 2025, Maison Gacha, 5 Rue des Epinettes, 75017 Paris, France
Pour préparer notre résidence de septembre, nous nous sommes rendus à la Maison Gacha, où nous avons pu observer une partie de la collection d'objets d'arts et d'artisanat du Cameroun ; masques éléphants perlés et tissu royal Ndop à travers les différentes étapes de sa fabrication artisanale. Nous avons également récolté de la documentation relative à notre recherche. Vous pouvez retrouver les éléments correspondants ci-dessous.
La Maison Gacha est un centre culturel dédié à la préservation et à la valorisation des savoir-faire et des métiers de la main d’Afrique et d’ailleurs. Ses missions reposent sur une programmation culturelle in situ et hors-les-murs au travers d’expositions, de conférences, de résidences d’artistes et de workshops. La Maison Gacha tient ses racines de la Fondation Jean-Félicien Gacha, située à Bangoulap, au Cameroun.
La Maison Gacha et la Fondation Jean-Félicien Gacha sont partenaires du projet Traits Tissés.